Blog de Soutien aux conseillers Municipaux de l'opposition de Saint-Dié-des-Vosges
Nova America : du rêve à la dure réalité
Au cours du conseil municipal du 8 juillet, C. Pierret a une fois encore tenté de nous faire rêver.
Mais comme le dit Robert Desnos : « Une place pour les rêves, mais les rêves à leur place». Ainsi, la vérité des chiffres doit nous ramener à la dure réalité, laquelle a conduit deux des trois candidats au projet à ne pas remettre d’offre. Il s’agit des groupements Opalia (Lyonnaise des Eaux) et SAS Complexe aquatique des Trois Provinces, pourtant tous deux spécialistes de ce type de projet. Seul IMFINED a réussi à rendre sa copie. Lorsqu’un seul candidat reste en lice, cela ne peut plus s’appeler un choix !
La raison de cette situation est facile à comprendre puisque le coût total du projet à la charge du prestataire s’élève à 20 982 888 euros ttc.
Ce montant exorbitant impose à l’exploitant une durée d’amortissement invraisemblable de 25 ans, donc un engagement pour notre commune de la même durée.
Ce rêve impose également un taux de fréquentation (110 000 entrées par an minimum) représentant aujourd’hui un vrai pari au vu de la tarification prohibitive qui va être proposée. Cerise sur le gâteau, il est totalement inimaginable de « rêver » à un équilibre entre les dépenses et les recettes : le loyer annuel à la charge de la Ville est évalué aujourd’hui à 1 221 388 euros. Autrement dit, la somme dépensée par notre ville pour faire vivre ce projet durant 25 ans s’élève à 30 534 700 euros.
C’est là que le rêve devient cauchemar, car cette somme faramineuse vient en complément de la dette déjà énorme, fruit de la gestion de C. Pierret. Si l’on ajoute ces 30 millions d’euros aux 52 millions d’euros de la dette actuelle, on atteint gaillardement 82 millions d’euros !
Cette faculté à nous faire rêver n’est pas sans rappeler l’opération du parking de la Place du marché. Celle-ci aussi était censée dégager des revenus financiers substantiels. Or, compte tenu de son déficit chronique, ce parking coûte chaque année 68 000 euros aux Déodatiens (sources compte administratif 2010).
Pour notre part, nous continuons à défendre un projet réaliste et pragmatique : un investissement de l’ordre de 6 à 8 millions d’euros, en partenariat avec des communes voisines. Seule note positive, nous avions préconisé d’installer le centre aqualudique à proximité des autres équipements sportifs de la ville. Sur ce point, nous avons été entendus.
Par contre, nous étions opposés à un Partenariat Public Privé (PPP). C’est hélas la solution qu’a retenue C. Pierret pour faire passer ce projet qui est l’encrage principal de son programme des municipales 2008.
Et dire qu’en dépit d’un tel investissement, le bassin sportif, annoncé comme un des nombreux « lacs » de cet ensemble, ne mesurera que 25 m et ne sera surmonté que de 3 gradins ne pouvant accueillir plus de 100 personnes. Cela est-il vraiment à la hauteur de l’ambition sportive affichée par notre ville ?
Vraiment décomplexé !
Dans un récent article du quotidien Libération, outre l’apologie de sa candidature à la primaire socialiste, C. Pierret s’est permis un jugement plein de condescendance vis-à-vis de « ceux qui ne se cassent pas la tête en créant simplement un festival de piano au d’art baroque ». Lui, le génial créateur du Festival International de Géographie, moquant les festivals de musique… Les bénévoles qui passent leur temps à essayer de porter la culture au plus près des habitants, souvent en zone rurale, apprécieront son dédain ! Passons sur le « Bonjour tristesse » lorsque C. Pierret évoque l’usine Claude et Duval de Le Corbusier, laquelle semble n’avoir à ses yeux qu’un intérêt limité pour les potentiels touristes… Pourquoi alors se battre afin de faire reconnaître ce patrimoine par l’UNESCO ? Le génial inventeur avoue sans ambages, parlant de lui-même à la 3e personne : « Cet énarque est fou. » Personne n’aurait osé…
S’il fallut bien sans doute un brin d’inconscience, un zeste de toupet et une bonne dose de culot pour imaginer ce Festival, il ne faut toutefois pas travestir la vérité historique : Martin Waldseemüller ne fut jamais moine, tout au plus chanoine à la fin de sa vie, et ne porta jamais la robe d’humilité qu’est la robe de bure, mais plus sûrement l’aumusse des vénérables Déodatiens d’alors. Certains diront : « Pourquoi pinailler ? » C’est qu’en 1507, la ville de Saint-Dié n’est pas non plus « le petit village » que décrit C. Pierret. Car elle constitue au contraire une place marchande de premier plan. Et le mot qu’inventent les géographes n’a rien de merveilleux ou de « magique » : il est la déclinaison féminine du prénom d’un des découvreurs du nouveau continent, Amerigo Vespucci, changé en America, comme Europa, Asia ou Africa. Ce dernier continent est d’ailleurs l’invité d’honneur du FIG 2011, confondant ainsi le « pays invité » - pourtant une tradition du FIG depuis 20 ans - et un continent, en l’occurrence l’Afrique. A en croire le président fondateur, le FIG a définitivement « tué les thèses du choc des civilisations » de Huntington. Ceci reste vraiment à démontrer…
Quant à imaginer le FIG comme le lieu de la non conformité, il est sans doute plus approprié de dire qu’il est le reflet de la recherche de pointe en géographie, ce qui est déjà en soi un événement. Enfin, pour parler des « 50.000 visiteurs sur trois jours », il serait plus juste de pratiquer comme avec Internet, c’est-à-dire de faire le distinguo entre les visites et les visiteurs uniques. Voilà plus de 15 ans que l’on annonce le même chiffre… Invérifiable, l’ensemble du Festival étant gratuit. Certes, il est vrai que « le FIG était une idée folle »...
« Merci à Martin Waldseemüller » mais aussi à feu Albert Ronsin !
Vincent BENOIT et le comité de rédaction de Demain Pour Saint-Dié.
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